Un trader star de la City suspendu pour vol à la cantine


06 février 2020 - 979 vues

Spécialiste des marchés d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient, Paras Shah a été braconné il y a deux ans par la banque américaine Citigroup, après sept ans chez HSBC. Il a notamment négocié des «junk bonds», ces obligations à risque d’entreprise. Le joueur de 31 ans était l’un des traders de crédit les plus en vue en Europe. Son travail consistait à jumeler des acheteurs et des vendeurs d’obligations indésirables, des dettes d’entreprises jugées être des emprunteurs plus risqués. Dans son type de poste, nous gagnons au moins 200 000 euros par an, mais son profil à haut potentiel lui permettait d'avoir un salaire annuel atteignant 7 chiffres, sans compter les primes, selon des collègues.

D'après le Financial Times, le trader, qui a quitté brusquement son poste le mois dernier, a été pris la main dans le sac alors qu'il volait de la nourriture dans la cantine de la banque. Stupéfaction au siège européen de Citigroup où l'on refuse de commenter l'affaire. Le principal intéressé reste muet, lui aussi, renvoyant les journalistes vers son ex-employeur. 

À Canary Wharf, le quartier des affaires de l’East London, la nouvelle a suscité la consternation : “Je peux vraiment vous dire qu’il n’y a rien qui vaille la peine d’être volé” dans cette cantine, a confié un collègue mécontent au Evening Standard (quotidien Londonien). 

Une volonté de fermeté clairement affichée

Les institutions financières et les régulateurs du Royaume-Uni ont dans le passé sévèrement sanctionné les dirigeants qui se seraient livrés à des fautes personnelles telles que le vol, même avec de petites sommes d’argent. Pour Joseph Lappin, associé du cabinet d'avocats Stewarts, "ce type de vol est considéré comme une faute grave qui peut en effet être un motif de licenciement sans préavis". 

Ce n’est d'ailleurs pas la première fois qu’un Golden Boy de la finance est pris avec sa main dans le sac. En 2016, la Mizuho Bank a licencié un banquier qui avait volé une pièce de vélo à un collègue. Deux ans plus tôt, un dirigeant de BlackRock avait été condamné à payer environ 50 000 euros pour sa fraude répétée dans le train de banlieue.

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